Cette photographie montre la vallée de l'Aisne à Rethondes, vallée qui aurait pu être à l'origine du surnom "Duval" attribué à Claude Biju dit Duval (1682-1771) né à proximité.

dimanche 18 janvier 2009

Léonard BIJU dit DUVAL (1723-1781)

A. LÉONARD BIJU dit DUVAL (6 février 1723 Grenoble – 11 octobre 1783 Versailles)
Il est le premier fils de Claude Biju dit Duval et d'Hypolite Gaude.
Né le 6 février 1723, il est baptisé à 4 jours, ce qui est assez tardif pour l'époque où l'on craignait la mort rapide des nourrissons, et témoigne sans doute de sa robustesse.
Par sa mère Hypolite, il est élevé dans la tradition du monde parlementaire grenoblois, avec son frère Pierre (futur Pierre Philippe), ses deux soeurs Marie et Victoire.
La famille suit alors sans doute les déplacements de Charles François deSassenage : en 1725-30, étape à Valence (paroisse de Monteiller puis en janvier 1730 : St Apollinaire de Valence) ; en avril 1730- 1738 : St Sulpice à Paris.

Avant même l'année 1743, la famille Biju dit Duval arrive à Versailles avec la famille du marquis Claude François de Sassenage, qui est nommé menin du Dauphin (brevet du 18 février 1745) puis chevalier d'honneur de la reine (27 avril 1749). Cette année de 1743, Léonard a moins de 30 ans. On ne sait rien de lui dans les années qui suivent immédiatement : quelle fonction exerce-t-il ? Il est probable qu’il est, à l’instar de son père devenu concierge de l'Hôtel du marquis, au service d'une famille de la noblesse de cour. En 1765 -il a alors 42 ans - Léonard est ainsi domestique du Premier Commis au Ministère de la Guerre, Monsieur de Fumeron, rue de la Chancellerie à Versailles. En fait, à cette date, il occupe cette fonction sûrement depuis déjà plusieurs années, puisque le 31 mars 1761, il s’est marié avec la propre cuisinière de M. de Fumeron, Marie-Catherine DOURLENT : preuve qu’il était déjà dans le « milieu » depuis quelques temps au moins[1].

Le poste qu'occupe Jean-François de Fumeron, premier commis au ministère de la guerre à Versailles, est très important dans l’administration versaillaise, puisqu’un « Premier commis » est le premier personnage après le ministre en titre : or les ministres changent, tandis que les Premiers Commis restent en place : ce sont eux qui assurent la continuité des services ministériels. Par l’intermédiaire de M. de Fumeron, Léonard entre dans l’administration versaillaise : en 1763, lors de la naissance de son premier fils, Léonard est, outre sa charge de domestique, « garçon du bureau de la guerre » au service personnel de M. de Fumeron. Il est de ce fait à la base de la hiérarchie au Ministère de la Guerre : chargé de s’occuper de l’intendance du bureau, à savoir porter les plis d’un service à l’autre, vider les corbeilles et approvisionner le bureau en matériel nécessaire (papiers, crayons, encre cire, bougies, bois de chauffage…).
Monsieur de Fumeron, 1er commis à la guerre
 
Léonard Biju parvient cependant à faire ses preuves, puisque M. de Fumeron le nomme son maître d’hôtel dès avant 1767 : cette nouvelle fonction est sans doute favorisée par la bonne éducation de Léonard, dont la mère est issue de la noblesse… En effet, la fonction de maître d’hôtel est très exigeante et demande une grande tenue, dans ce monde aristocratique versaillais où il est nécessaire de sans cesse faire bonne figure.


M. de Fumeron meurt aux alentours de 1775[2] : Léonard doit alors penser à se recycler. Sa fonction de garçon au service de la guerre, puis de maître d’hôtel, l’a mis en contact avec les fournisseurs des bureaux du ministère ou ceux de M. de Fumeron : les épiciers-merciers. Avec les économies qu’il a pu réaliser, Léonard parvient à monter un commerce d’épicerie-mercerie rue de la paroisse, non loin du château de Versailles.. Il lui reste alors à devenir membre de la corporation : cérémonie coûteuse (pas loin de 1000 livres) ! Le 7 juillet 1777, il vend à son beau-frère François DOURLENT les terres que sa femme a reçues en héritage[3] à Fournival en Beauvaisis, son village d’origine[4] : il en obtient immédiatement 300 livres. Ainsi, le 3 décembre 1777, avant d’offrir un repas aux autres membres de la corporation, il est reçu Maître épicier dans la corporation des « épiciers ciriers chandeliers » et prête serment pour en observer les statuts[5].


Son commerce d’épicerie-mercerie se développe alors : il y investit la moitié de sa fortune, qui se monte à 11 305 livres à sa mort en 1783[6]. Pour se fournir, il établit des contacts assez lointains : Monsieur Bonnet négociant à Rouen, Monsieur Grignon de Bonvalet, Monsieur Caroujat à Orléans, etc… Léonard peut ainsi vendre de nombreuses marchandises : côté épicerie, du vermicelle d’Italie, du safran, du tabac, des huiles, du sucre et du café de Martinique, du poivre de la Jamaïque, des épices, de la gomme arabique, de l’alun de Rome, de la noix de Galle, etc… ; côté mercerie des fils, de la soie, des rubans et des galons, des aiguilles, de la poudre à poudrer, des pinceaux de crin, des brosses, etc…


La situation du commerce rue de la paroisse, non loin du château de Versailles, lui permet de fournir une grande partie du personnel de la Cour. Parmi ses clients assidus, on trouve en particulier M.DUBOIS valet de chambre de Monsieur (futur Louis XVIII), la demoiselle DESJARDINS coiffeuse des enfants de France, M. Le GENDRE concierge du château de Trianon, M. BELCOMTE architecte des bâtiments du roi, FIDOUX peintre du cabinet du roi, CHAUDRON cocher chez la reine ; PETIT, cocher chez Monsieur (futur Louis XVIII), DESJARDINS vétéran de la musique du roi, RETÉ maréchal des écuries du roi, etc[7]… On peut encore ici imaginer Léonard Biju fournir des objets utiles pour le roi…


L’inventaire fait après son décès montre que Léonard Biju avait une bibliothèque très modeste de 12 volumes, tous de dévotion, située dans son arrière-boutique : c’est là où il dormait sur un lit modeste avec son épouse ; une cloison de bois séparait cette arrière-boutique d’une cuisine où se trouvaient deux fourneaux et un poêle. La cuisine donnait sur une salle à manger et sur une cour au fond de laquelle était le magasin (entrepôt) de la boutique : là, Léonard remisait ses réserves. Et dans une cave, il entreposait ses huiles pour une valeur de 2600 livres ! Mais on pouvait aussi trouver dans cette cave différentes sortes de ratafias[8]


Après une maladie de plusieurs jours, Léonard mourut le 11 octobre 1783 dans son arrière-boutique de la rue de la paroisse, malgré les efforts de l’apothicaire et du chirurgien appelés à son chevet. Il laissait en vie deux enfants mineurs desquels son frère Pierre, dit Pierre-Philippe BIJU d’ALGRES, devint le tuteur.

Il avait eu de sa femme Marie-Catherine DOURLENS (25 mai 1732 Fournival en Beauvaisis – 6 février 1787 Versailles, paroisse Notre-Dame) :


1.Honoré-Léonard BIJU-DUVAL, né le 11 février 1763 à Versailles, mort le 28 juillet 1814 à Orléans, qui devint par la suite huissier à cheval au Châtelet de Paris, et n'eut pas de descendance connue malgré son mariage à Fontainebleau avec Anne Gaudin le 1.4.1788 ; il s'illustra pendant la Révolution en signant une lettre avec plusieurs futurs députés de Versailles à propos de la politique liée aux assignats.

2.Geneviève-Hypolite BIJU, née le 1er mars 1765 et morte le 11 novembre 1765 à Versailles, paroisse Saint-Louis.

3.Casimir-Antoine BIJU dit DUVAL, né le 24 mai 1767 à Versailles, paroisse Saint Louis, mort le 19 juillet 1844 à Paris, qui suit.

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[1] Nous nous référons ici au contrat de mariage du 21.3.1761 passé à Versailles, 10 jours avant le mariage à l’Eglise, cote aux Arch. des Yvelines : 3E VERS. TESSIER mars 1761. La procuration jointe donnée au frère de Marie-Catherine, explicite le métier de l’épouse de Léonard. A son mariage Léonard n’est pas bien riche : il apporte en douaire seulement 1200 livres, il dispose de 600 livres par ailleurs. Son épouse aussi apporte 600 livres en dot : le couple « démarre » donc avec 2400 livres. Il en aura dix fois plus à la mort de Léonard (sans tenir compte de la dévaluation de la livre).[2] Ici aussi, il faudrait rechercher dans le testament de M. de Fumeron aux archives des Yvelines, pour voir s'il a pensé à Léonard Biju.[3] Héritage reçu devant Me de Gernon notaire au bailliage et comté de Clermont en Beauvaisis résidant à Bulle, le 29 novembre 1776. François Dourlent ne paie que 300 livres sur les 500 dues pour le total de la vente, les 200 autres étant payées le 11 novembre 1779.[4] Arch. Yvelines, 3E VERSAILLES SAVOURÉ, 1777, 7 juillet.[5] Arch. Yvelines, 5E1514. Registre de réception des maîtres épiciers. Recherches Fr. BIJU-DUVAL de juillet 1993.[6] Outre cette somme, Léonard avait investi un capital de 13000 livres pour des rentes annuelles de 688 livres (réduites par l’état à la moitié peu avant sa mort).[7] Tous ces détails sont dans l’inventaire après décès du sieur Léonard Duval des 18 et 19 novembre 1783, Arch. Des Yvelines, 5E VERS. Cote 10688.19.9. Autres personnes mentionnées : Vicq et Cassetta suisses de Monsieur, Tissot garde du corps du comte d’Artois (futur Charles X), Gasot pensionnaire de la reine, Valloix cocher de la reine. Il y avait certainement beaucoup d’autres membres de la cour parmi les clients de Léonard, mais n’ayant pas laissé de dettes au moment de la mort de Léonard en 1783, ils n’ont pas laissé de trace non plus.[8] Voici une liste presque exhaustive des fournitures de la boutique. Épicerie : sucres, café de Martinique, poivre de Jamaïque, cassonade, épices, muscade, girofle, cannelle, émail, indigos, réglisse en bâton, riz, thé, gomme arabique, anis vert, vert de gris, térébenthine, amadou, alun de Rome, colle de poisson, blanc de Scuze, noix de Galle, couperose verte et blanche, soufre, mine de plomb rouge, bougies, safran, vermichel (vermicelles…) d’Italie, amidon, bois d’Inde, graines pour les oiseaux, colle de papier, savon, cire, tabac, gruyère, poix, pruneaux, hanchoix, cornichons, huile de noix, huile d’olive, étain ; côté mercerie : fils en trois, fil à chapelier, fil de Bretagne, soie, rubans divers, galons, aiguilles, épingles, boutons, poudre à poudrer, pinceaux de crin, brosses.

Casimir Antoine BIJU dit "BIJU DUVAL" ou "BIJU dit DUVAL"

Casimir-Antoine BIJU dit DUVAL, ou BIJU DUVAL (°24 mai 1767 Versailles rue de la Chancellerie, par. Saint Louis – 19 juillet 1844 Paris 102 rue de St Louis en L’Ile)


On peut se demander d’où Casimir-Antoine peut bien tenir ses prénoms. Il est probable que le prénom Casimir lui ait été donné en hommage à la marquise de Sassenage, Marie-Françoise Casimire, de l’hôtel de laquelle son grand-père Claude était le concierge. Son autre prénom, Antoine, vient de son parrain Jean-Antoine Princé, valet de chambre de monsieur de Fumeron.

Quand son père Léonard meurt en 1783, Casimir-Antoine n’a que 16 ans ; son frère Honoré-Léonard en a 20. Leur oncle Pierre-Philippe Biju d’Algrès devient alors le tuteur légal des deux orphelins. Avec leur mère Marie-Catherine Dourlent, Casimir et Honoré s’occupent de l’épicerie-mercerie paternelle. Honoré-Léonard va alors rapidement quitter l’épicerie : sans doute avec l’appui de Pierre-Philippe, il trouve en août 1786 un poste d’huissier à cheval au Châtelet de Paris[2] : il partira habiter boulevard du Temple (avec son oncle ?) en 1790. Mais Marie-Catherine meurt à son tour le 6 février 1787.

Casimir reste donc seul à s’occuper de l’épicerie, secondé cependant par son épouse Marie-Gabrielle Durand, fille d’un aubergiste versaillais, avec laquelle il se marie le 16 juillet 1787. Grâce aux dernières réformes de Louis XVI avant la Révolution, il n’a pas à payer les frais de réception à la maîtrise.


Cependant, en octobre 1789, la Révolution oblige le roi, et sa cour, à quitter Versailles pour gagner Paris : Versailles perd son rang de capitale, et se désertifie : or on a vu combien l’épicerie de Léonard Biju fournissait le personnel de la cour… Elle subit de plein fouet ce changement. Casimir songe alors à quitter, lui aussi, la ville. Avant même 1793, il abandonne la rue de la paroisse où il occupait la maison de l’ancien commissaire, pour le 54 rue du Commerce, peut-être rue plus fréquentée ; en 1794-97, il loge 71 rue du Commerce, ayant repris l'ancienne échoppe d'un fabricand de violon, Charles Emile GAND : cette instabilité montre qu’il cherche son trou et que son commerce n’est plus aussi rentable qu’auparavant… Car on ne change pas un commerce qui gagne…

Casimir-Antoine cherche du travail à Paris : or il est plus que probable que Casimir a gardé ses entrées au ministère de la guerre. D'une part, parce que son père y a travaillé de nombreuses années ; d'autre part, parce que son oncle et tuteur, Pierre-Philippe Biju Duval d'Algrès a exercé le métier des armes jusqu'à devenir chevalier de Saint-Louis.
Entre 1799 et 1802, Casimir-Antoine entre donc comme commis au Ministère de la Guerre. Il y avait environ 180 commis à ce ministère en 1794, mais le ministère de la guerre se développe sous Bonaparte et recrute ; pour exercer la charge de commis, il suffit juste d’avoir une belle écriture… et Casimir-Antoine écrit très bien. Il gagne alors un salaire annuel de 2000 livres environ. Quand il terminera sa carrière, en janvier 1831, il touchera 2700 livres mensuelles.

Casimir quitte donc Versailles et s’installe dans le faubourg Saint-Germain, paroisse Saint Séverin, 11 rue Hautefeuille à Paris (La famille Baudelaire, du futur écrivain, loge au n°13). Très vite, dès 1804, il est relogé au n° 5 de la même rue, au 3e étage : le 5 rue Hautefeuille est un ancien bien national vendu à Mme Pigeon ; il s’agit de l’ancien hôtel des abbés de Fécamp, qui a abrité au XVIIe siècle Godin de Sainte-Croix, l’amant de la marquise de Brinvilliers, la célèbre empoisonneuse. Casimir peut alors regarder la rue depuis la petite tourelle en cul-de-lampe de style renaissance… Il restera dans cette demeure jusqu’en 1831 au moins. L'intérieur de l'appartement est simple : une cuisine (donnant sur la rue percée) ; une salle à manger et une chambre à coucher (avec vue sur cour) avec un cabinet à côté d'une alcove. De l'appartement dépend une cave où Casimir-Antoine fait vieillir une soixantaine de bouteilles de vin en permanence...














Dès avant 1813, Casimir-Antoine est nommé commis principal. Il introduit son fils Edouard en 1810 dans le ministère de la guerre, et Edouard devient à son tour commis…
Pour ses services rendus à la monarchie, Casimir-Antoine reçoit sans doute la décoration de l’ordre du lys, et prend sa retraite le 1er janvier 1831 : il quitte alors le 5 rue Hautefeuille pour la rue Saint-André des Arts, n°19, à Paris, où il occupe un appartement de fonction. Il mourra le 19 juillet 1844 au 102 rue de L’Ile-Saint-Louis paroisse Notre-Dame à l’âge de 77 ans.

Le 16 juillet 1787, il avait épousé Marie-Gabrielle Durand (3.1.1769 à Versailles – 3.12.1815 à Paris), fille de Jean-Baptiste Durand aubergiste à Versailles et de Marie-Anne Beaucher, de laquelle il eut :

A1. Casimir-Pierre BIJU DUVAL, né le 6.10.1788 à Versailles, mort en arrière de la Grande Armée le 26 novembre 1812, peu avant le passage de la Bérézina. Il faisait 1,66m, et avait un front ordinaire, un menton rond, des yeux gris, un gros nez, un visage ovale, des cheveux châtains. Il s’engagea volontaire dans le 12e régiment de ligne le 12 septembre 1806 à moins de 18 ans, sans doute enthousiasmé par les premières victoires de Napoléon. Il fut affecté successivement dans le 3e bataillon de la 5e compagnie (24.4.1807), dans le 2e bataillon de la 1e compagnie (1.6.1808), puis encore dans le 2e bataillon de la 4e compagnie (16.6.1808), avant de passer dans l’artillerie le 1er juillet 1809. Nommé caporal le 16 juin 1808, sergent le 1er juillet 1809, il eut la joie de passer dans la Garde impériale, régiment d’élite, le 1.12.1809 (celle-ci comprend alors environ 20 000 soldats d'élite). Redevenu alors chasseur (29.1.1810), il reprit ses galons de caporal (dirigeant une escouade de 10 à 12 hommes) seulement le 11.1.1812 à la 1e compagnie du 2e bataillon des chasseurs à pieds de la vieille garde impériale : l'unité la plus valeureuse et la plus éprouvée. Casimir-Pierre devait être particulièrement valeureux, car la taille minimum admise chez les chasseurs était de 1,73 m, taille qu'il n'avait pas ; l'armée souffrait cependant quelques exceptions pour des hommes... exceptionnels. Il fallait un minimum de 10 ans de service pour entrer au 1er régiment, et 8 pour le second et avoir eu aux cours des combats un comportement irréprochable, être de bonne moralité et savoir lire et écrire. Le port de la Moustache "en crosse de pistolet" était obligatoire, ainsi que celui des pattes ou favoris. La moustache était rasée pendant les quatre mois d'hiver. La Vieille Garde portait les cheveux longs en deux tresses nouées sur la nuque et poudrés de blanc/gris, attachés avec un cordonnet frappé d'une grenade d'argent ou à l'Aigle. Les cheveux poudrés blancs qui viraient au gris ont contribué à son appellation "Vieille" Garde. Chaque soldat de la Vieille Garde portait à chaque oreille un anneau d'or de la taille d'un écu. Les caporaux recevaient 600 francs par mois de solde.



Après avoir fait les campagnes des années 1807 et 1809, Casimir-Pierre prit part à la campagne de Russie : en août 1812, la Garde avait déjà perdu 9000 de ses 37000 hommes. Lors de la bataille de la Moscova, Napoléon refusa de faire donner la Garde, qu’il se réservait. Le 17 novembre, lors de la débâcle, il n’y avait plus que 6000 hommes de la Garde: elle s’opposa à 40 000 Russes qui voulaient exterminer ce qui restait de la Grande Armée : Casimir-Pierre mourut peu après, le 26 novembre, peut-être tué par les Russes sur les bords de la Bérézina.
Son père n’eut plus de ses nouvelles à partir de décembre 1812, et ne parvint pas à en savoir davantage, à l’instar de nombreux pères de famille de l’époque. IL crut son fils décédé aux environs de Wilna, alors qu'il faisait -30°C et que les soldats mouraient de faim en se dépouillant mutuellement pour survivre.

A2. Marie-Gabrielle Antoinette BIJU DUVAL, dite Marie-Antoinette, née le 13.1.1790 à Versailles, morte le 2.2.1830 à Vaugirard.
Elle tient ses prénoms Marie-Gabrielle de sa mère et celui d’Antoinette de son père Antoine. Mais on ne peut s’empêcher de penser à l’audace d’appeler, en plein Versailles, sa fille Marie-Antoinette à une époque où la reine est controversée. Le 5 octobre 1789, en effet, une foule armée, envahissant le château de Versailles, a voulu assassiner la reine. Les émeutiers appelaient la reine « l’Autrichienne », ou « la putain ». La famille royale a alors cédé aux revendications de la foule, en quittant, contrainte, Versailles pour Paris. Casimir-Antoine a sûrement assisté à cette émeute, entendu les cris de mort dirigés contre le reine. Et il n’a pas du apprécier le départ de la famille royale, puisque la prospérité de son commerce dépendait en grande partie des achats du personnel de ladite cour… D’où peut-être cette audace, trois mois après, quand Casimir fait les comptes de son épicerie…
Une prudence quand même de la part de Casimir : sur les registres officiels, il déclare sa fille « Marie-Gabrielle Antoinette » ; dans ses papiers intimes, il écrit « Marie-Antoinette Gabrielle » : l’ordre donc des prénoms employé oralement en famille semble différent de celui de l’état-civil… Est-ce un hasard, ou n’est-ce donc pas véritablement un réel hommage à la reine, maquillé, sur les registres officiels, par une inversion de l’ordre déclaré des prénoms ? Dès 1789, il fallait mesurer ses opinions…

Marie-Gabrielle Antoinette épousa le 22 mai 1813 à Paris un collègue de son père, Louis LAMY, né le 20.11.1789 à Versailles, marchand, puis devenu, ainsi que Casimir-Antoine, commis au Ministère de la guerre. Louis Lamy mourut après 1844, au 113 rue de Grenelle St Germain.… Marie-Gabrielle aura cinq enfants de lui (voir desc. en annexe.) ;

A3. Léonard Sylvestre BIJU dit DUVAL, né le 31.12.1791 à Versailles, mort le 30.3.1792 en nourrice chez Louis Mollié à Boissy sans Avoir, près de Montfort l’Amaury.

A4. Sébastienne BIJU dit DUVAL, née le 29.5.1793 à Versailles, morte le 17.5.1802 à Paris

A5. Edouard BIJU dit DUVAL, né le 20.12.1794, ancêtre commun de tous les Biju-Duval actuels, qui suit en n°1 ;

A6. Justine BIJU DUVAL, née le 7 février 1796, morte le 21.12.1797 à Versailles

A7. Eugène BIJU DUVAL, né le 18.1.1804, mort le 5.2.1811 à Paris 11e

Le 16.1.1817, paroisse Saint Sulpice, Casimir-Antoine se remarie avec Blanche-Aurore Suleau (25.8.1791 Paris - 9.3.1831 Paris), du 60 rue Vaugirard à Paris, fille de André Nicolas-Gabriel, officier, et de Marie-Jeanne Poirier. Blanche-Aurore n’est pas une inconnue : elle fait presque déjà partie de la famille puisqu’elle est la belle-sœur de son fils Edouard, marié à Adèle Suleau. Casimir-Antoine apporte alors en dot la somme de 5000 francs.

Le 19.10.1835 à Paris, il fait un 3e mariage avec Charles-Emilie CAILLET (27.1.1795), fille de Nicolas Valentin Cailliet et de Marie-Adelaïde Laborde. Il apporte encore 5000 francs.

Ces deux remariages resteront sans postérité.

samedi 17 janvier 2009

EDOUARD BIJU dit BIJU DUVAL (1794 -1865)

1. Edouard BIJU dit DUVAL (20.12.1794 Versailles par. Notre-Dame – 15.4.1865 Versailles) :



Edouard BIJU dit DUVAL naît à Versailles, la Terreur à peine terminée, mais il reste peu dans sa ville natale puisque sa famille déménage à Paris aux alentours de 1800. Il est introduit par son père au ministère de la guerre, où il entre à 16 ans comme surnuméraire ; il est noté comme "employé en ministère de la guerre" en 1815, puis commis en 1817 à 23 ans. Peu à peu, il va gravir les échelons, protégé par le général comte Louis Antoine Pille, lieutenant général des armées du roi, franc-maçon notoire, qui est témoin à son premier mariage : échelons qui vont l’amener jusqu’à un poste de direction.

Le 7 juillet 1828, il devient sous-chef du bureau de l’infanterie, et double ainsi son propre père dans la hiérarchie du Ministère de la guerre… Le 1er mars 1833, il devient le chef du bureau de la gendarmerie. A la suite de cette nomination, le 5 janvier 1834, il reçoit la Légion d’honneur – il sera nommé officier par décret n°239 du 23 juillet 1847. Edouard prend sa retraite assez précocement comme chef de Bureau de 1e classe : en 1847.

Cette fonction de chef de bureau de la gendarmerie est très importante, puisque Edouard doit gérer la carrière des quelques 15 000 gendarmes en France, l’organisation, le mouvement, les services, l’inspection, l’administration et la comptabilité de la gendarmerie comme des voltigeurs corses et des forces publiques de l’intérieur et des armées. Inutile de dire qu’on le sollicite ici et là pour faciliter la carrière de l’un ou de l’autre gendarme… C’est le cas du Général Bugeaud qui écrit une lettre, qu’on a conservée, pour demander à Edouard de faire passer dans la gendarmerie à cheval le gendarme Bessel, bien que celui-ci ne le puisse pas : sa taille fait en effet défaut de quelques centimètres. Cette mutation est cependant nécessaire pour que Bessel puisse se marier, les parents de la fille ne voulant accorder leur consentement qu’à cette condition…
Edouard est également invité aux bals mondains, dont l’un à la demande de la marquise Christine Zoé de Dolomieu, dame d’honneur de la reine, au Palais des Tuileries, le 6 janvier 1836 : avec le pouvoir viennent les honneurs de la cour…




Il lui fallait maintenant penser à se remarier. Se remarier, en effet : car le 16 février 1815, Edouard avait déjà fait un premier mariage avec sa voisine de pallier, Adèle Clémentine Suleau (29.7.1790, Paris St Séverin – 21.11.1822 Paris 11e), la fille d'un officier de l'armée. Mais les deux enfants qu’il avait eu d’Adèle étaient morts trop tôt :

1. Marie-Constance Biju Duval, née le 6 décembre 1815 à Paris. Envoyée en nourrice, elle était revenue le 7 mars 1818. Elle mourut le 3 septembre 1835 à Passy rue Basse n°9, où elle était partie depuis le mois de juillet –sans doute en repos ? -. Elle avait fait sa 1e communion à St Séverin le 5 juin 1828.

2. Louis-Antoine Biju Duval, né le 28 janvier, mort le 2 février 1820 à Paris.

En 1852, Edouard est donc le seul Biju Duval survivant de la lignée ; il a 58 ans. Il décide alors d’épouser l’amie de sa fille Marie-Constance, Louise Augustine Dufour (15.4.1823 à Paris 8e - 19.5.1897 Paris 20e), qui est la fille de François-Lazare Dufour, sous-intendant militaire à Metz et officier de la légion d’honneur. Le mariage a lieu le 20 décembre 1852 à St Maxime de Metz. Edouard Biju Duval et Louise Dufour auront deux enfants, qui suivent.




François-Lazare Dufour, beau-père, mais contemporain d’Edouard, avait eu une longue carrière dans l’armée : Né le 21.8.1793 à Paris, rue du Bac, fils de Nicolas-Michel Dufour, peintre, et de Catherine Angélique Camproger, il avait épousé le 15.4.1822 Marie-Christine Bourson. En 1813, intégré dans la Grande Armée comme adjudant sous-officier (14e de ligne), il avait reçu un coup de sabre à la main gauche à Leipzig, et un coup de lance dans le bras gauche. Fait prisonnier de guerre le 16.10.1813 (Leipzig), il avait été libéré le 30.9.1814 et était devenu sous-intendant militaire de 2e classe à Thionville ; il participa en 1815 au blocus de Cherbourg avant d’être sous-intendant à Metz. Mort le 18.7.1865, il avait été nommé chevalier de la légion d’honneur le 5.5.1833 (n°1668) et officier le 26.8.1850.





3.Paul Biju-Duval né le 21.9.1853 à Vigy (58), mort le 22.6.1904 Paris 20e (47 cours de Vincennes), qui suit ;

4.Joseph Biju-Duval né le 9.5.1857 Metz, mort le 16.12.1929 à Asnières, qui suit.

Après la mort d’Edouard, le 15 avril 1865 à Versailles, son épouse Louise-Augustine habitera avec son fils Paul ( elle habite à St Denis en 1881 quand son fils est régisseur de l’usine à gaz de St Denis)

--------Sources
Annuaire de l’état militaire de la France pour l’année 1843.
BN, dossier L0833049 et dossier L0239005 (Légion d’honneur)

vendredi 16 janvier 2009

PAUL BIJU-DUVAL (1853-1904)

PAUL BIJU-DUVAL (°21.9.1853 Vigy, baptisé le 2 octobre – 22.6.1904 Paris 20e)



1er fils d'Edouard BIJU DUVAL
Quand Paul naît, en 1853, son père est déjà bien âgé : 59 ans. C’est pourquoi Paul devient vite orphelin : dès l’âge de 11 ans, en 1865. Paul grandit et fait bientôt ses études au lycée impérial à Versailles : le 2 avril 1870, il y reçoit ainsi le prix d’excellence de philosophie. La guerre cependant éclate, et l’empire français s’effondre, pendant que l’Alsace et la Lorraine sont intégrées dans l’empire germanique. Les grands-parents maternels de Paul, qui habitent Metz, se retrouvent Allemands du jour au lendemain, et Paul lui-même, né en Lorraine, doit faire une demande officielle pour rester Français, selon les dispositions des traités du 10 mai et du 11 décembre 1871 : il choisit la nationalité française le 2 mai 1872. A Metz, les Bourson-Dufour, bien que devenus allemands, entretiendront le souvenir français. De Lorraine aussi, Paul hérite d’un don de musicien ; sa tante Valérie Dufour jouait du piano, lui va jouer du violon.

Sorti du lycée de Versailles en 1873 à 19 ans, Paul entre à l’école Centrale de Paris dans un bon rang : il en sort trois ans plus tard, diplôme d’ingénieur chimiste en poche. Les premiers mois de son travail d’ingénieur se passent dans le laboratoire de M. Schloesing, puis Paul entre dans la compagnie parisienne du Gaz. Son premier poste au sein de la compagnie fut dans l’usine des essais de la Villette, sous les ordres de Emile Sainte-Claire-Deville. Puis vers 1878, il est nommé sous-régisseur de l’usine à gaz de Saint Mandé. En 1880, il régit l’usine de Saint-Denis, mais n’y reste que peu de temps : très vite, à 27 ans, il devient en effet régisseur de l’usine de Saint-Mandé. Il le restera de 1881 à sa mort, après laquelle lui succèdera pendant 2 ans l'anarchiste syndicaliste Robert Louzon. A ce poste, Paul Biju-Duval fait aussi des recherches calorimétriques, quand il a le temps. Le programme lui a été dressé par son ingénieur en chef, M. Albert Euchène. Paul Biju-Duval parvient ainsi à déterminer les chaleurs spécifiques du fer, du nickel et du charbon de cornue aux différentes températures. Les résultats de ses expériences sont communiquées à l’Académie des Sciences en 1893 par Henry Le Chatelier. Ils sont aussi publiés par M. Euchène en 1900 au Congrès international de l’industrie du Gaz.

Paul ne peut cependant pousser plus loin ses expériences, car très vite la maladie vient le surprendre : il meurt après de longs mois, sans doute de la tuberculose, le 22 juin 1904. De nombreux ouvriers se souciaient de sa santé et viennent à son enterrement : preuve que Paul avait su être juste avec le personnel qu’il dirigeait.

« Dieu fait tout pour le mieux. Il sait mieux que nous ce qui nous convient » dit-il dans ses derniers instants.Paul était donc très musicien : il jouait du violon accompagné du chant de sa femme ; avec elle, il faisait partie d’une petite association musicale d’amis où il jouait de la musique de chambre classique ou allait entendre des concerts. En famille, des chœurs étaient improvisés : Marthe connaissait la technique du chant, l’art de poser sa voix. Il fallait la voir, quand une musique passait à la TSF, éteindre la lumière pour mieux entendre les harmonies, sans troubles extérieurs…Paul était de tempérament calme et pieux, on a pu dire de lui qu’il planait. De sa femme Marthe Judas du Souich (23.3.1860 St Etienne – 4.2.1944 Paris 6e), qu’il avait épousée les 17 et 19 juin 1882 à Paris, paroisse Saint Sulpice, il avait eu 8 enfants. Marthe, une fois veuve, donnnera l'amour de la montagne à ses enfants et petits-enfants.

Il semblerait que Paul ait connu la famille du Souich à l'occasion d'expériences liées à l'étude des coups de grisou (Annales des Mines, juin 1898), dont son futur beau-père Alban Judas du Souich était aussi un spécialiste.

De ses huit enfants, seuls deux fils auront descendance : Maurice (1886-1939) et Charles (1890-1985)

Photo 1 : Marthe avec Suzanne, Charles, Jeanne, Louise dans les bras.
Photo 3 : Marie, Maurice, Emma, Suzanne, Charles ; Jeanne (et devant Louise)
Photo 4 : Emma, Jeanne, Charles tenant sa grand-mère Emma Fevez ép. du Souich qui cotoie Marie ; dans les bras de laquelle est Louise ; Suzanne.

Groupe des descendants de Paul Biju-Duval et Marthe Judas du Souich vers 1932
On reconnait, en partant du haut à gauche (merci de rectifier si erreur, ou de compléter en commentaire) :
-Maurice Biju-Duval ; 4 de Bailliencourt dit Courcol dont Berthe et Louise ; Jacqueline Biju-Duval ; 3 enfants ; Elisabeth Biju-Duval ; un enfant ; Michel Biju-Duval dans les bras de son père Charles
-deux enfants ; Jacques Biju-Duval ; Cécile Biju-Duval ; Antoine (?) de Bailliencourt ; Bernard Biju-Duval ; Françoise Biju-Duval
-Rang des adultes : Madeleine Biju-Duval née Roger tenant Jean-Pierre son fils ; Jeanne Biju-Duval épouse Tripard de Keraniou tenant Thérèse sa fille ; Marthe Biju-Duval épouse de Charles tenant Jean son fils ; Paule de Bailliencourt ; Suzanne (tenant Louis Baraduc) et Michel Baraduc son mari ; Jacques de Keraniou
-1er rang : une fille ; François Biju-Duval et Marie-Claire Biju-Duval enfants de Maurice BD ; Marthe Judas du Souich veuve de Paul Biju-Duval, "ancêtre" du groupe ; Marie Biju-Duval épouse de Bailliencourt.

JOSEPH BIJU-DUVAL (1857-1929)

JOSEPH BIJU-DUVAL (9.5.1857-1929), inspecteur général des poudres




LA CONTINUITE DE L'ENGAGEMENT
Second et dernier fils d'Edouard BIJU dit Duval, il est un des derniers représentants de la dynastie des Biju Duval militaires remontant au 18e siècle, c'est-à-dire
-à Claude Biju dit Duval (1680-1771), garde-écuyer du marquis de Sassenage ;
- à Léonard (1723-1781), son fils, garçon du Bureau de la Guerre attaché au Premier Commis de la Guerre à Versailles, M. de Fumeron ;
- à Pierre-Philippe (1728-1791), frère de Léonard, capitaine major du régiment du Boulonnais, chevalier de St Louis, qui fut volontaire combattant de l'Amérique ;
- à Casimir-Antoine Biju Duval (1763-1814), commis principal au ministère de la Guerre ;
- à Edouard Biju Duval (1794-1865), Chef du Bureau de la Gendarmerie, officier de la légion d'honneur.
Après Joseph, on trouvera encore
- Claude Biju Duval, lieutenant colonel de l'armée de terre ;
- et son contemporain J-Pierre Biju-Duval, lieutenant colonel de l'armée de l'Air, tous deux officiers de la légion d'honneur.

Il y a encore des contemporains perpétuant cet engagement militaire.

LA VIE DE JOSEPH BIJU DUVAL

Son père Edouard meurt quand il n’a que 8 ans, mais comme son frère Paul, Joseph fait des études supérieures poussées : habitant 10 place des Vosges, Paris 4e, il entre 23e à Polytechnique en 1876 en tant que boursier et orphelin – il y restera jusqu’en 1878 d'où il sortira 34e sur 258 élèves -, et commence une brillante carrière dans l’armée comme ingénieur des poudres et salpêtres ; d’abord à la poudrerie de Sevran (93), puis à celle d’Angoulême (16). Membre de la Commission de réception des poudres de la marine, il est aussi chargé à l'armée des cours de mécanique, physique et chimie à l'école des chefs ouvriers du service des poudres. Il termine inspecteur général militaire des poudres de 2e classe (10.3.1917), chef du service des poudres B de la division générale des fabrications des poudres et explosifs. Il était devenu chevalier de la légion d’honneur par décret du 29.12.1896, officier le 13.1.1907, et commandeur le 1.11.1918.

Lors de son entrée à l'X, il est ainsi décrit : cheveux noirs, front bas, nez moyen, yeux bruns, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille 178.
Il épouse le 11 janvier 1881 à Asnières Marie-Catherine Rousselon (21.6.1861 à Asnières-6.7.1953 Asnières), fille d’Henry Rousselon (Directeur de la maison Goupil et photograveur célèbre qui avait ouvert un atelier à Asnières) et Modeste REBICHON, et mourut à 72 ans le 16.12.1929 à Asnières. D’où 3 fils :

1. Henri (24.4.1882 Sevran – 30.12.1942 Paris), qui suit.
2. Marcel (°10.1.1884 Sevran – 14.8.1956 Nice), qui suit.
3. Jacques (°17.12.1885 Sevran – 24.7.1917 au front), qui suit.

1. HENRI BIJU-DUVAL, né le 24.4.1882 à Sevran (93),mort le 30.12.1942 à Paris
Il fit des études secondaires au lycée Rollin, avenue Trudaine à Paris 9e, puis fut diplômé ingénieur de l’école des Mines de Paris. Il entra alors à la compagnie du Gaz de Paris, et devint directeur de l’usine du cours de Vincennes à Paris 20e , puis de l’usine de la Villette, et celle de Saint-Mandé. Il habitait alors 173 av. du fbg Poissonnière à Paris 9e.
Le 24 octobre 1942, Madeleine et Michel Biju-Duval vont le voir pour obtenir des renseignements généalogiques sur la famille : Henri est déjà gravement malade. Il meurt quelques semaines plus tard, le 30.12.1942 à Paris, « après une conversion complète » ; il eut ainsi une « mort très édifiante ». Henri fut inhumé au cimetière de Montreuil à Versailles. Henri avait épousé le 20.4.1909 à Nice, Yvonne Cottet, en même temps que son frère Marcel épousait Gilberte Cottet, sœur d’Yvonne. Les sœurs Cottet étaient les filles d’un collègue polytechnicien de Joseph Biju-Duval, qui était de confession protestante. Yvonne mourut cependant très jeune, en 1921, et Henri se remaria le 23.1.1924 à Asnières avec Germaine Marie Marguerite Henriette Objois (née le 12.4.1900 à Courbevoie, morte le 11.1.1995 à Aubagne, enterrée à St Symphorien de Versailles).



2. MARCEL BIJU-DUVAL, né le 10.1.1884 à Sevran (93), décédé le 14.8.1956 à Nice.
Il fit ses études secondaires au lycée Rollin avenue Trudaine à Paris 9e, fut agent de fabriques à Nice, puis dirigea un commerce de vins de gros à Nice et à Villefranche sur Mer. Il habitait alors avenue Béatrix à Nice.
Il épousa le 20.4.1909 à Nice Gilberte Cottet, née le 14.6.1891, décédée le 20.3.1971 à Nice, sœur d’Yvonne et fille d’un polytechnicien ami de son père.



3. JACQUES BIJU-DUVAL, né le 17.12.1885 à Sevran (93), mort au front le 24.7.1917
Il fit comme ses frères des études au lycée Rollin à Paris 9e, et fut employé dans le commerce en vins de son frère Marcel à Nice. Mais quand la guerre éclate, étant sous-officier de réserve de la classe 1905[1] il part au front comme sous-lieutenant au 112e d’artillerie lourde, et trouve la mort le 24.7.1917 à Prasnes (Marne) à son retour de permission (blessure par éclat d’obus) : il fut décoré de la légion d’honneur à titre posthume. Il laisse alors une femme, Josette Jean (1891-1972), qu’il a épousé le 27.12.1911 à Nice, et un jeune enfant, Jean.


Mariage de Maurice Biju-Duval 1919 avec Madeleine Roger. On voit au 1er rang de G à D : Charles, Joseph BD, Louise Roger née Miet, épouse d'Ernet Roger l'inventeur de la TSF, mère de Madeleine Roger, puis au 2e rang : sans doute Jacques fils de Joseph, à son bras : Suzanne Biju-Duval ; puis Jacques BD fils de Joseph tenant une fille Flandrin (Geneviève ?).

[1] n° de matricule 109 au corps, classe 1905, et n°191 au recrutement de Versailles