Cette photographie montre la vallée de l'Aisne à Rethondes, vallée qui aurait pu être à l'origine du surnom "Duval" attribué à Claude Biju dit Duval (1682-1771) né à proximité.

lundi 20 décembre 2010

Claude Biju dit Duval (1680-1771)

Origines de la famille Biju vers Rethondes (Oise)

Le nom Biju est extrêmement rare dans la région de l'Oise et de l'Aisne, étant surtout porté dans la Vienne, ou dans la région lilloise. En revanche, il existe une famille Béjot (nom également rare ailleurs en France) très prolifique dans la région dont plusieurs membres sont répertoriés à St Crepin aux Bois, à Rethondes ou à Choisy au Bac, remontant jusqu'au milieu du XVIe siècle ; il est probable ici que le nom Biju n'en soit qu'une variante parmi d'autres (Beïot, Beyot, Bijot) ; cependant les lacunes dans les registres paroissiaux ne permettent pas de faire de jonction, et l'établissement d'un lien sera très difficile à faire vu que les registres paroissiaux, sauf à Choisy, ne sont conservés qu'à partir de 1670 environ.
Prieuré (ruines) de Ste Croix à St Crepin aux Bois (oise), à proximité de la fôret de Laigue
Enfance de Claude Biju
Claude Biju dit Duval alias "Claude Biju" alias "Claude Duval" est né à Saint Crepin aux Bois (Oise) vers 1682 à 12 km de Compiègne, dans le diocèse de Soissons, à une lieue de Rethondes. Saint Crépin aux Bois se situe dans la vallée du Fourchon, sur les rives duquel est construit le château d'Offémont qui abrita la marquise de Brinvilliers encore vers 1670, et dans le parc duquel se trouvent les ruines du prieuré Ste Croix d'Offémont. Le père de Claude, Charles Biju (1655-15.5.1690), s'était marié avec une fille du village, Elisabeth Boutry (1656-1706), fille de Jacques Boutry, un voisin des Biju. Jacques Boutry assiste en effet en tant que tel à l'enterrement de Claude Biju senior (°1620-21.4.1683 St Crepin), sans doute le père de Charles et le grand-père de Claude son homonyme. Charles Biju, son père, meurt très jeune, à 35 ans, le 15 mai 1690 à St Crepin aux bois. Claude n'a pas 9 ans. Son frère Joseph (16.3.1686-26.7.1691) en a 4 et sa soeur Marie-Thérèse (née le 6.9.1684) en a 6. Elisabeth Boutry se remarie alors, le 14.11.1690, avec André Fontenoy, de St Crepin. Claude accueille peu de temps après une demi-soeur, Elisabeth Fontenoy, qui naît le 31.9.1691 à St Crepin. Quand Elisabeth Boutry meurt, le 26.5.1706 (Claude Biju a 25 ans), André Fontenoy se remarie le 22.7.1706 à St Crepin avec Marguerite Destré : Claude Biju, orphelin, vit désormais avec deux parents adoptifs avec lesquels il n'a aucun lien du sang. C'est pourquoi sans doute, il s'engage rapidement dans l'armée et quitte le terroir berceau de la famille, pour faire fortune ailleurs. L'armée a pu sembler attrayante pour lui du fait que de fin août à début septembre 1698 (il avait 16 ans), Louis XIV avait organisé, au nord et à l'ouest de Compiègne, d'immenses manoeuvres militaires comprenant 60 000 hommes, devant le roi d'Angleterre et de nombreux ambassadeurs d'Europe, ce qui avait amené du monde au point que toutes les fermes à 4 lieues autour de Compiègne étaient emplies de curieux ou de membres de la cour, notamment à Clairoix et Coudun. Choisy au Bac était devenu l'hôpital de l'armée. Ce "camp de Compiègne" (à l'instar de celui de 1666) avait de quoi créer des vocations....

Carrière de Claude Biju dit Duval
En 1720 quand il se marie, Claude Biju dit Duval (tel est alors le nom de guerre qu'il porte) est garde du gouverneur du Dauphiné, le comte de Médavy. Cette fonction est en réalité un office, parfois transmissible héréditairement comme en Limousin où une enquête de bonne moeurs est indispensable avant la prise de fonction. Cet office est accompagné de privilèges et de droits particuliers, comme le montre la chambre d'enregistrement de l'Hôtel de ville de Limoges qui a consigné plusieurs prises de fonctions de gardes de gouverneurs. A notre sens, en recherchant au régiment de Grancey (et autre) où commanda le comte de Médavy, nous trouverons peut-être la carrière de Claude Biju dit Duval et nous pourrons peut-être remonter plus haut dans l'histoire de la famille. Ces archives sont au service historique de l'armée au château de Vincennes.
Manoir des Gaude dans le massif de Chartreuse

Manoir des Gaude, autre vue
Cette fonction, proche du pouvoir, permet à Claude Biju dit Duval de faire un excellent mariage avec Hypolite Gaude (née le 12.11.1691 à St Ismier, Isère), fille d'un parlementaire de Grenoble, avocat au parlement, d'une famille anoblie au début du 17e siècle : Louis Gaude (1653-20.2.1699 St Ismier), co-seigneur héréditaire de Chartreuse, qui a une maison à Grenoble, une autre à St Ismier, et une demeure seigneuriale dans le massif de Chartreuse (toujours debout aujourd'hui avec sa chapelle d'époque). Hypolite Gaude, par sa mère Marie d'Allegret, descend aussi des d'Allegret, famille anoblie pour faits de guerre le 12.8.1654 (maintenue dans la noblesse le 11.8.1667). Claude devient ensuite garde du successeur du comte de Medavy comme gouverneur du Dauphiné : le marquis Charles François de Sassenage, qu'il accompagne dans ses déplacements en guerre, mais aussi à la cour de Versailles.


 Marquis Charles François de Sassenage (par Quentin de la Tour)

Il devient le concierge de l'Hôtel de Sassenage, avenue de Paris à Versailles, avant le 10 juin 1743, date à laquelle "Claude Duval" est cité comme témoin au mariage de sa nièce Elisabeth Bejot, avec Roch Rochet à Versailles, paroisse Saint Louis. Elisabeth Bejot (née le 4.1.1719 à St Crepin) était sa nièce par sa mère, Elisabeth Fontenoy (°31.9.1691-10.2.1720 St Crepin), demi-soeur de Claude (voir plus haut). Claude meurt le 18 janvier 1771 à Versailles, en tant qu'écuyer du marquis de Sassenage. Il est le père de :
-Marie Biju alias Marie Duval, alias Marie-Victoire Duval (19.2.1722 Grenoble St Hugues - 29.8.1783 St Pierre du Perray, Essonne), épouse de Jacques Arigon marinier, puis en fin de vie, à 60 ans, du jeune Nicolas Cuffault (°1747 à Irancy, 37 ans le 7.1.1783 jour de son mariage), entrepreneur de bâtiments originaire de l'Yonne. Nicolas Cuffault ne sera marié avec la vieille Marie que 7 mois avant d'hériter, éploré, de son épouse décédée.

-Léonard Biju dit Duval (10.2.1723 Grenoble -11.10.1783 Versailles St Louis), garçon de bureau au ministère de la Guerre au service de M. de Fumeron, ancêtre de tous les Biju-Duval par son fils Casimir-Antoine, nommé ainsi en hommage à la marquise Marie Françoise Casimire de Sassenage.
-Pierre Biju, alias Pierre Philippe Biju Duval d'Algrès alias Duval d'Algrès alias Biju d'Algrès, chevalier de Saint Louis (17.11.1728 Grenoble- 7.9.1791 Paris bld du Temple), capitaine au régiment du Boulonnais à la formation dont nous avons conservé le portrait de la fille Eulalie Joséphine qu'il eut de sa compagne Marie-Cécile Arnaud le 12 juin 1791 peu avant sa mort.

vendredi 1 janvier 2010

FREQUENTATIONS DE LA FAMILLE BIJU-DUVAL AU XVIIIe siècle

On trouve parmi les fréquentations des Biju Duval au XVIIIe siècle quelques personnes connues. Dans l'épicerie-mercerie que tenait Léonard Biju dit Duval entre 1763 et 1783, plusieurs personnes avaient laissé des ardoises. Léonard fournissait de nombreuses personnes de la cour ou bien en cour qui ont laissé leur nom dans l'Histoire de l'Art ou l'Histoire tout court :

-Jean-Michel Moreau, faïencier célèbre de Versailles, qui fit de nombreux portraits à la cour et peignit notamment le sacre de Louis XVI.
-Madame Desjardins, coiffeuse des enfants de France

Autres fréquentations dans les années 1770-80 :
Pierre JUSTE, gondolier du roi au canal de Versailles, de la fille duquel Marie Catherine Dourlens épouse Biju-Duval est marraine le 6.4.1775 (Versailles ND) : Catherine Juste
Chérault, marguillier de Versailles,
Chevalier, matelot du canal du château ;
Dubois, valet de chambre de monsieur
Chaudron, cocher de la reine
Bordelet, garde-chasse du château
Petit, cocher de Monsieur
Michel, tapissier
Lemoyne, bourgeoise de Versailles
Desjardins, vétéran de la musique du roy
Nicolas Legendre, concierge du Trianon
Reté maréchal des écuries du roi
Bascle garçon sellier aux écuries de la reine
Vve Bonard fermière à Saclay
Vicq et Cassetta, Suisses de Monsieur (duc de Provence)
Tissot garde du corps du comte d'artois
Petanger domestique du curé de Chesnay
Rivière, bourgeois de la Selle
Gaudin, boulanger de Versailles
Gason, pensionnaire de la reine
Surde, suisse
Gingeolet charpentier
Deshayes horloger
Vve Leloup, maraichère
Duplan, journalière
Bidet, fabricant de chevaux en carton
Cassé, ouvrière
Dame Laplanche, coiffeuse
Dumas, maçon
Julien volaillier
Bocquet régisseur de terres à Essoux

Dans le même temps, Pierre Philippe Biju d'Algrès est ami de François Marie marquis de Sennevoy , maréchal des camps et armées du roy, chevalier de St Louis, sgr de Balot, Journey et Sennevoy, qui établit pour lui deux rentes, l'une de 900 livres par mois, l'autre de 1000 livres par mois, en 1775.

Dans les années 1790-1800 :
Dame Renaud négociante à Paris
Jean Raffard ami d'Edouard BD et son épouse Jeanne Constance Julien
Louis Pierre Lamy commis principale au ministère de la guerre
Nicolas Valentin Caillet et Marie Adelaïde Laborde

XIXe siècle :
Jean-Charles Herbé propriétaire beau-frère Caillet
Famille Rabaroust cousins Caillet
Général Bugeaud
Louis Antoine Pille témoin au mariage d'Edouard BD en 1817 : lieutenant général des armées du roi, inspecteur général d'infanterie, commandeur de la légion d'honneur, chevalier de St Louis
Deschamps, ami de la famille
JB Ferdinand Suleau marchand de dentelle
Me Gueux tante Suleau
Marquise de Dolomieu